L’un des petits plaisirs

Ça fait presque deux mois que je suis à Accra maintenant. Juste à y penser je capote un peu. Je crois franchement que l’année va passer dans le temps de dire “tro-tros” (je vous jure je suis encore sous le choc à chaque fois que je vais dans une de ces machines). Le rythme s’installe tranquillement: fais mon yoga le matin au réveil, travaille le jour au bureau, vais au volley le mardi et jeudi, vais au hockey le mercredi, fais du fitness de temps à autre, profite de mes vendredis pour faire la petite fiesta ghanéenne, et du week-end pour profiter de la ville (marchés, plage, petites aventures quoi!).

Ohhhh et si “Dieu” le permet, je partirais pour Abidjan (finally) dans environ deux semaines, après un week-end à Cape Coast et un autre près du barrage du lac Volta. L’argent (financement gouvernemental) est finalement arrivé: donc on a les fonds pour partir! De nouvelles aventures en perspective et une nouvelle routine à bâtir. Bien heureuse quoi que bien déçue de quitter mes colocs que j’aime bien!

IMG-20160612-WA0002

Alors je vais vous avouer un secret. La vie semble de moins en moins “divertissante” et “aventureuse” que depuis le début. Je commence franchement à me faire à mon nouveau style de vie (on touche du bois mais je suis JAMAIS malade malgré la nourriture de rue que je mange). En parlant de bouffe de rue, connaissez-vous l’huile de palme. Alors voilà. C’est la base (avec le riz, le cassava, les plantains, le maïs, ou toute glucide qui nous rend bien grasse) de toute alimentation ghanéenne qui se respecte. Pour être franche, on se tanne vraiment vite mais pour 0.66$-1.66$ le repas, je vais en manger de l’huile!! Mon retour à la bonne bouffe de maman va être plus que bienvenue (où est-il le saumon?). La meilleure nourriture en ville est ivoirienne (HOURRA pour mon départ). Le Ghana est quant à lui le champion du monde de mettre des glucides sur des gras sur des glucides (sans blague: du gari sur du ragoût à l’huile sur du wakye, une mixture de riz et lentilles, faut le faire). Je ne croyais jamais dire ça mais à 17$ le brocoli importé, je m’ennuie de mes petits légumes!

Alors, “enwaye Sophie” c’est quoi ton secret? Une des affaires qui me rend heureuse ici c’est le magasinage. Cette activité réservée au riche pour m’acheter des bebelles?, me diras-tu. Ben oui crime, j’ai jamais aimé magasiner tant que ça au Canada mais crime ici je capote. Tu vas au marché, à travers la foule de produit et de gens (mais quand je dis foule, c’est foule pour vrai – voir mon post sur le Makola Market) puis là tu spots quelque chose que tu aimes, right? Et donc, si il y a bien un cours que je chéris depuis mon passage à la maîtrise c’est l’art de la négociation. Donc oui, tu négocies. Puis longtemps en plus, sans mauvaise pensée d’avoir l’autre, juste vraiment dans l’optique d’avoir un produit pour le prix adéquat. Puis encore parce que t’es blanc, ben on essaie de t’en passer quelques unes. Je pense être rendue pas mal pour négocier: tout est une question d’attitude. Tu dois un peu connaître le prix de base, tu dois utiliser à tout prix l’humour pour faire passer des idées qui sont en soit fermes. Disons je veux un bracelet qui vaut environ 5 GHS et qui me l’offre à 40 GHS (no joke: been there, heard that): ben tu ris comme une folle puis tu y dis des petits commentaires du genre “tu ferais tu ça à ton bon chum, boss? C’est beau mais c’est pas 40 ghana cedis beau quand même!”. Bon vite de même sur écran c’est pas tant comique mais je dirais que la répartie est une qualité essentielle à développer lorsque l’on magasine et je m’améliore. Du genre l’autre jour (je m’épate des fois), mon chauffeur de taxi a dit à un chauffeur de tro-tro durant le traffic que j’étais sa femme. Ben là moi au lieu de capoter comme la personne ben “stiff” que je suis ben j’y réponds “Ahhh ouais, ben tu sais comment tu traites ta femme hein? Ben tu y fais pas payer le taxi!”. Le gars a ben ri et a arrêter de m’appeler sa femme. Un sujet de post prochainement who knows: les répliques essentielles à connaître lors d’un voyage au Ghana. Un autre exemple dans ce contexte là: je me suis inventé un mari noir basé sur ce que je connais de mon coloc (très bien marié lui-même merci, vraiment juste en guise de référence), afin que je sois prête à répondre à toute question. Parce que c’est pas vrai que dire que tu as un mari blanc va changer leur approche vis-à-vis leur “chance de succès”. Combien de fois on a entendu de Ghanéen “You know the difference between black and white man heh?” ou vraiment “Once you go black, you never go back”. Ahhhh les joies d’être approchées dans les rues! Une autre ruse est de dire que mon mari viens du Montenegro ou des Maldives par exemple, être ben certain qu’ils ne savent pas c’est où et créer la confusion juste un peu.

Alors oui, j’aime magasiner. J’apprends beaucoup sur les gens en négociant, sur leur art et produit. Par exemple, l’histoire et l’importance des “trade beads” (billes qui ont été utilisées par le passé comme monnaie d’échange entre autre pour la traite d’esclave, les billes au niveau des hanches, les “african fridays” (jour où l’on porte ses beaux habits avec tissus locaux), la qualité des tissus (la qualité des tissus est attribuée au nombre de fois où tu fais ton lavage sans que cela ne se décolore: et donc pas au toucher ni à la vue), aux tissus et “stool” ashanti (famille et peuple royal de la région “Ashanti”), etc… Tant de culture. Parenthèse: quand tu y penses, côté culture, c’est tellement capoté. Aujourd’hui, dans le cadre du tout premier Happy hour de mon organisation, j’ai organisé une bonne partie de Loup-Garoux (mon jeu de jeunesse you know). Puis là je viens à décrire les personnage, ok: les loups-garous, les citoyens, tout le beau petit monde au fond. Mais arrive à la sorcière: je crois avoir créer un malaise avec mes collègues locaux. Parce que oui au Ghana, la majorité croit aux sorciers qui jettent des malédictions. Donc tu niaises pas avec la possibilité qu’une sorcière jette des sorts pour ressusciter ou tuer quelqu’un, même si c’est un jeu. Donc ouais, magasiner ici est une richesse informationnelle, une possibilité de pratiquer sa répartie et une opportunité de contribuer à l’économie locale (sorry papa, une grosse partie de l’économie ici se fait en dessous de la table et j’y contribue franchement beaucoup). Mon gaga est le design de robe après avoir acheté du tissu africain (j’achète toujours ghanéen ou ivoirien) et l’attente de recevoir le produit fini de chez la couturière. Pour franchement un prix plus que décent!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Ma deuxième robe que je portais pour la première fois ce matin!

Who knows, mon prochain changement de carrière sera peut-être en mode (l’utilisation de l’humour est toujours dans mes pensées).

Ci-contre une petite photo de mes premiers achats! Si vous avez une petite commande à me faire laissez moi savoir avant mon départ en avril prochain 🙂

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Des bebelles pratico-pratiques pour une fille qui a rien amené du Canada pour bien paraître

 

 

Advertisements

2 thoughts on “L’un des petits plaisirs

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s